Copyright DIOPTAZ

 

   

Voie du Sarbacana et intelligence Transparadoxale

(- Fondements - Le toucher transparadoxal - La respiration transparadoxale - Tourner son attention vers...)

voir aussi: http://www.transparadox.com

 

Transparadoxe ®

(= La  traversée des paradoxes)

 

           Les techniques Transparadoxales, inventées par Michel-Laurent Dioptaz, sont l’essence même de la pratique de la Voie du Sarbacana, elles utilisent comme koan Zen et tremplins, les paradoxes induits entre le vécu du corps et la lecture que nous en avons.

Pour cela  elles invitent notre attention à participer de l'entièreté d'un processus moteur contenant au moins deux informations perçues par le mental comme antagonistes.

            «-Peux-tu, en toute attention, participer de la totalité de ce que vivent tes deux jambes durant la marche? Percevoir, absolument au même instant, ton pied qui s’envole et celui qui s’enracine ?»

            «-Peux-tu, en conscience, percevoir tes deux mains pendant que l'une se ferme et que l'autre s'ouvre?»…

C'est ainsi que là où le corps vit une unité, le mental va ressentir un paradoxe s'il s'essaie à participer consciemment de cette unité. Il  va se sentir écartelé là où la vie se réunit.

Ces paradoxes sont dus au fait qu'à chaque instant, notre corps vit une multitude de situations bipolaires dans une totale simultanéité, alors que notre outil de lecture habituel du réel le "mental" n'a accès à ces mêmes bipolarités que de façon successive.

 

      En cet endroit le mental se trouve juste à l'articulation de ce qu'il peut parfaitement concevoir mais ne peut plus expérimenter. Voilà qu'il se voit produire un paradoxe, là où pourtant sa propre logique lui montre qu'il n'y en a pas. C'est en cela que cette articulation de l'attention est un endroit privilégié car on peut y éprouver physiquement l'étroitesse de ses pensées,  ressentir avec son corps les limites de notre mode usuel d'appréhension du réel et ainsi jouer avec.

Ces paradoxes sont tout particulièrement précieux et pratiques car, non seulement, ils démontrent très simplement et radicalement que ce mode de fonctionnement cérébral ne peut avoir accès à l'unité d'Etre. Mais surtout ils nous offrent un espace expérimental idéal pour assouplir et mettre en repos ce type d’attention qui nous conditionne à polariser le monde, pour enfin laisser apparaître l’entièreté de l’instant.

 

 

Intelligence Transparadoxale

Les FONDEMENTS

          - La Conscience est le prochain continent, la prochaine planète à découvrir. Pour l'instant nous ne sommes pas encore vraiment des Terriens, mais seulement des "Mentaliens", les habitants du mental, les habitants de notre tête..

Ainsi, bien souvent, croyant conjuguer le verbe "ÊTRE" on conjugue le verbe "MOI".

M.L. Dioptaz


            Dans les débats, on peut entendre dire : « ... mais ce que vous dites est totalement paradoxal!», sous-entendu «c'est invraisemblable, impossible, absurde, maladroit etc.», démontrant d'évidence que les paradoxes sont instinctivement considérés (ressenti par le mental) comme des obstacles, des limites à la compréhension; et certes pas, comme des invites à s'ouvrir sur du plus vaste, s'ouvrir à une autre forme d'intelligence.

"Paradoxe" devient, en quelque sorte, le nom d'une clôture ressentie comme infranchissable, qui délimite le territoire de notre compréhension.

 

Rappelons que nous utilisons comme "logiciel" de lecture du réel le "mental", un mode d’attention qui nous conditionne à polariser le monde. Une superbe invention de la Vie qui contribua à faire de nous des Humains, mais force est de constater que cet aspect de notre intelligence n’est aucunement conçu et ne peut laisser apparaître l’entièreté de l’instant, l’entièreté du vivant.

Si nous nous y essayons, voilà que des "vérités " antagonistes se chevauchent, voilà que les opposés se manifestent simultanément. Et lorsque du + et du se produisent ensemble cela provoque un court-circuit : le paradoxe.

 

Mais ce sont nos propres limites existentielles que ces paradoxes manifestent, non celle du réel. Cependant notre "moi" est  à tel point identifié à l’outil mental que lorsque cet outil rencontre ses limites, elles deviennent nôtres. Ces paradoxes deviennent existentiels; la double contrainte de leurs "décharges électriques" nous ramenant dans la sécurité de l'enclos de la logique des pensées, limite et bloque l'ouverture de notre champ de conscience en nous faisant tourner en boucle.

Ainsi croyant explorer de nouveaux paradigmes on risque de visiter, encore et encore, l’autre face de la même  pièce.

 

Bien sûr, ces limites sont extrêmement utiles, car non seulement elles structurent le "moi" et l'ego qui le revendique, mais elles placent aussi nos attentions en symbiose, au même niveau de lecture du réel. Ainsi, vivant les uns les autres la même interprétation du monde, nous pouvons nous y rencontrer, communiquer, échanger de l'information, agir ensemble, fabriquer un langage, une culture... Langage et culture qui, à leur tour, fabriquent nos limites.

Les limites engendrant ce qui les engendre, le système se mord la queue, la boucle est bouclée et ça tourne... Ainsi chaque jour nous nous réveillons dans la même réalité que la veille. Cette chose est comme ceci et s'appelle "comme ceci", cette autre est comme cela et s'appelle "comme cela"; c'est du solide!

            Mais nous payons le prix fort pour ce confort car, dans le temps où nous maintenons cette réalité, cette réalité nous tient à elle. Et nous y sommes à tel point assujettis que, bien souvent, nous oublions qu'elle n'est que la partie visible de l'iceberg. Qu'elle fait partie intégrante d'un réel infiniment plus vaste qui ne s'arrête pas là où notre mental cesse de le percevoir et de le comprendre. Nous oublions que le mental trace dans le continu du réel des frontières d'autant plus arbitraires qu'elles varient d'une culture à l'autre, voire même d'un groupe ou d'un individu à l'autre. Nous oublions que la conscience humaine peut se prolonger bien au-delà des boucles mentales qui se nouent "paradoxes". Nous oublions que là où le mental nous fait ressentir la séparation, c'est justement là que la vie se réunit. Nous oublions que ne disposant que de ce seul mode de compréhension qui fragmente et dédouble le réel, jamais nous ne pouvons participer en conscience de son unité… Même si notre nostalgie ou nos rêves-créatifs la revendiquent.

 

 


EXERCICE

Comme un parfum

 

           Nous nous rencontrons dans le monde des mots et cet univers du virtuel du web est peu approprié... cependant j'aimerais vous faire pressentir... toucher du bout des doigts, le "Chi", le parfum d'une présence transparadoxale telle que vécue dans le pratique de la Voie du Sarbacana.

 

La main étant un des lieux du corps le plus immédiatement facile pour accéder au ressenti de la synergie des contraires, je vous propose de placer votre main libre dans l'espace devant vous.. puis de positionner votre index sur le majeur (ou inversement*) en appuyant fortement ces deux doigts l'un sur l'autre. (*Suivant que l'index sera placé au-dessus ou au-dessous, l'espace de "ressenti" ouvert par ce Mudrâ ne sera pas le même. Toutefois, dans un premier temps, ces fines nuances sont rarement perçues.)

 

 

 

            Entrez dans la sensation de tonicité que procure cette rigidité des doigts qui se pressent. Dans le même temps, votre poignet et votre coude restés totalement souples s'articulent très librement et très lentement sur eux-mêmes, faisant glisser doucement votre main dans l'espace en subtiles et voluptueuses volutes... entrez dans le ressenti de cette fluidité...

 

            Votre main est donc en train de vivre et de vous proposer deux informations antagonistes, deux "Chi" contraires : alors que, s'articulant délicatement sur le poignet, elle se déplace et flotte dans le vide, légère comme une plume emporté par le vent... dans le même temps, cet envol léger contient cette structure de tonicité que distillent les deux doigts en pression l'un sur l'autre. Votre main étant en quelque sorte tout à la fois, la "voile" et le "mat".

Si vous "humez" le ressenti global de votre main, il va s'en dégager comme une curieuse sensation de doux et fort, de tonique et malléable. Voilà que vous disposez d'une main tout à la fois puissante de décision et, pourtant, totalement abandonnée.

Lâcher prise-prise de décision , une seule et même présence.

M.L. Dioptaz

 


 


 

La respiration Transparadoxale  

 

           Là aussi, notre corps va manifester des dynamiques antagonistes au même instant. Car, là aussi, notre mode d'attention sélective ne pouvant appréhender la respiration comme étant une et entière, va la séparer en deux, manifestant ainsi deux aspects de la respiration : "le charnel" et "l'énergétique".

Et de ce fait, nous n'allons pas vivre la même chose selon que nous nous posons sur le ressenti charnel de la respiration ou sur sa dimension énergétique. 

 

            Prenons la phase d'expiration par exemple... Alors que le corps, (le ventre, la cage thoracique...) se dégonfle et se rétracte, au même instant, au niveau de l'émission d'énergie, c'est exactement l'inverse qui se produit : accompagnant le souffle, l'énergie jaillit de nous, elle s'expanse.

Là où une attention posée sur le "charnel" vit une rétraction,  l'attention éclairant "l'énergétique" ressent une expansion, et cela au même instant.

(Lors de l'inspiration, c'est le contraire qui se produit, alors que le corps s'expanse, l'énergie, elle, se rétracte.)

Et, si l'on utilise un mode de perception qui ne peut s'identifier qu'à une seule dynamique à la fois, il va nous falloir choisir entre éclairer d'attention la dynamique du corps physique, ou bien celle du corps énergétique. Les ressentis et les conséquences existentielles qui découlent de l'un ou l'autre choix ne sont pas du tout les mêmes.

 (On peut d'ailleurs constater que des écoles et des approches différentes se sont développées autour de chacune de ces dynamiques. )

 

            Mais une fois de plus, c'est la forme de notre attention qui nous est montrée, pas la forme de notre souffle. Ces "deux" aspects du souffle n'existent que dans notre mental, pour qui, vivre une "expansion" et une "rétraction" au même instant est un insupportable et impraticable paradoxe. Pourtant lorsque les pensées s'arrêtent, transparaît une tout autre forme d'attention, une attention transparadoxale qui respire ces «deux» dynamiques au même instant, absolument en même temps.

 

            Lorsque s'éclaire d'attention le souffle entier, c'est encore tout autre chose qui est vécu, quelque chose de totalement indescriptible dans le monde des mots, si ce n'est sous forme de paradoxes. Mais utiliser des paradoxes pour décrire un niveau de conscience où justement l'on n'en éprouve plus le moindre, me paraît bien peu descriptif.

 

            Ce que l'on peut dire, c'est que réaliser l'unité de son souffle réalise l'unité d'Etre. Il n'y a plus alors de scission entre matière et énergie, corps et esprit.

 

            (La respiration est un très bon endroit pour résoudre les paradoxes fondamentaux du mental. Car, si vivre un paradoxe crée des tensions, respirer profondément dissout les tensions.)

M.L. Dioptaz

 


Tourner son attention vers...

 

Les gens ordinaires tournent leur regard vers l’extérieur ; les moines le tournent vers l’intérieur. Mais la vraie pratique est de se laisser tomber dans le vide. Cependant les gens ont peur du vide, car ils ne savent pas que le vide n’est pas vide.

                Houang-po (Obaku Kiun)   (Maître Zen  9ème siècle)

 

 

            Oui, ce qui est parfois perdu de vue par les méditants, c'est que tourner son attention vers l'intérieur est, en fait, aussi loin de soi que de tourner son attention vers l'extérieur.

Dans les deux cas, l'attention est tournée"vers"... tournée dans la direction d'un  "là-bas".

Que ce soit un "là-bas" extérieur ou intérieur, ce n’est pas l’ici...

Etre ici, c'est lorsque l'attention extérieure et l'attention intérieure ne sont plus qu'une seule et même attention, une seule et même résonance.

  

Tournée vers l'extérieur, l'intelligence apprend la multiplicité... tournée vers l'intérieur, elle apprend l'unité.

Percevant les deux à la fois, elle devient vacuité.

  

            C'est dans cette qualité de présence que jaillit le jet de souffle Sarbacana.

 

            Le secret est à l'articulation de notre bilatéralité.

C'est dans le vide des articulations que réside le secret, c'est dans
l'articulation du vide que le monde se transforme. Partout où il y a un vide, la vie s'y articule. 

 

 

A l'articulation,

            entre l'intérieur et l'extérieur : la présence

            entre passé et futur : le présent

            entre la naissance et la mort : la vie

Vie, présent, présence, sont totalement synonymes

M.L. Dioptaz  

 


    Pour plus d'information sur l'intelligence et les perceptions Trans-paradoxales, voir l'ouvrage"SARBACANA Le souffle du présent".

 

et le site :

 

 

 

Contacter le Dojo Sarbacana

 

.

Avis : © Dioptaz-Sarbacana - Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans ce site internet (informations, photos, logos,) sont protégées par des droits détenus par M.L. Dioptaz, qui est par nature un site non commercial & non commerçant. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, et spécialement vendue ou exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de M.L. Dioptaz. En cas d'autorisation de reproduction,il est alors fait obligation d'insérer la mention suivante : "© Dioptaz-Sarbacana http://www.sarbacana.com/

 

 

 

 

 

 

Retour à la table des matières

Retour à la table des matières